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Rapport 2008 sur la liberté de religion en Guinée
La Constitution pourvoit la liberté de religion, et d’autres lois et politiques ont contribué à la libre pratique générale de la religion.
Le gouvernement a respecté, en général, la liberté de religion dans la pratique. Il n’y avait aucun changement dans le statut du respect pour la liberté de religion par le gouvernement au cours de la période de ce rapport. Les leaders religieux ont continué à jouer des rôles critiques dans le mouvement national à la base pour un changement politique constructif.
Il n’y avait aucun rapport d’abus sociaux ou de discrimination fondé sur l’affiliation religieuse, la croyance ou la pratique.
Le Gouvernement des Etats-Unis discute de la liberté de religion avec le gouvernement comme partie intégrante de sa politique générale pour promouvoir les Droits de l’Homme.
Section I : Démographie Religieuse
Le pays couvre une superficie de 245.857km2 et une population de 9,9 millions. L’Islam est la religion dominante sur le plan démographique, social et culturel. Près de 85% de la population sont musulmanes, 10% sont chrétiens et 5% possèdent des croyances traditionnelles indigènes. Les musulmans sont en général sunnites; il y a relativement peu de shiites, quoiqu’ils augmentent en nombre. Les groupes chrétiens comprennent des Catholiques Romains, des Anglicans, des Baptistes, des Témoins de Jéhovah, des Adventistes du Septième Jour, et d’autres groupes évangéliques actifs à l’intérieur du pays et reconnus par le gouvernement. Il y a une petite communauté de Baha’i. Il y a quelques Hindous, Bouddhistes, et praticiens des groupes religieux traditionnels chinois parmi la diaspora.
Quelques musulmans et chrétiens incorporent les croyances religieuses indigènes et les rituels dans leurs pratiques religieuses.
Les musulmans comprennent la majorité de toutes les quatre grandes régions du pays. Les chrétiens sont plus nombreux à Conakry, au sud et dans la région forestière orientale. Les chrétiens résident également dans toutes les grandes villes à l’exception de celles de la région du Fouta-Djalon en Moyenne-Guinée, où l’Islam est profondément entrelacé avec la culture et la
société peulh (Foulani ou Pular). Les croyances religieuses traditionnelles indigènes sont plus répandues dans la région forestière.
La participation aux services religieux officiels et aux rituels est grande, car les rituels culturels traditionnels sont souvent étroitement liés aux pratiques religieuses. Le Secrétariat Général des Affaires Religieuses estime que plus de 70% des musulmans pratiquent leur foi régulièrement.
Les populations refugiées et immigrantes importantes du pays pratiquent généralement les mêmes croyances religieuses que les citoyens, quoique ceux-là venant du Libéria et de la Sierra-Léone voisins aient de très grands pourcentages des chrétiens et des adhérents des groupes religieux traditionnels indigènes.
Section II. Statut de la Liberté de Religion
La constitution pourvoit la liberté de religion, et d’autres lois et politiques ont contribué à la libre pratique générale de la religion.
La constitution protège le droit des individus de choisir, de changer et de pratiquer la religion de leur choix. A ce jour, la protection de la liberté de religion n’a pas été revue à travers des processus légaux ou juridiques.
Le Secrétariat Général des Affaires Religieuses, renommé en mars 2007 à partir de l’appellation Ministère de la Ligue Islamique Nationale, vise à promouvoir les meilleures relations entre les dénominations religieuses et améliorer les tensions interethniques et interreligieuses. Quoique le leadership du Secrétariat demeure essentiellement sunnite musulman, l’organisation est en train de créer des postes pour un Directeur National des Affaires Chrétiennes et un Directeur National des Affaires Islamiques en vue de renforcer la collaboration et réduire le désaccord entre les groupes religieux. Toutefois, le Président du Conseil Chrétien a exprimé son inquiétude quant à l’implication croissante du gouvernement dans les affaires religieuses.
Tous les groupes religieux opérant nouvellement dans le pays doivent se faire inscrire au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. L’inscription donne droit d’exonération de la taxe à la valeur ajoutée (TVA) aux organisations religieuses sur les cargaisons entrantes et certaines subventions d’énergie. Les groupes religieux non inscrits ont continué à opérer dans le pays. Cependant, ils n’ont pas droit aux exonérations de la TVA et à d’autres avantages offerts aux groupes inscrits. Egalement, les groupes religieux non inscrits font l’objet d’expulsion, une sanction avec des chances limitées pour un appel judiciaire. Dans la pratique, aucun groupe n’a été expulsé.
Avant d’être inscrit par le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, toutes les organisations religieuses doivent être approuvées par le Secrétariat Général des Affaires Religieuses. Pendant la période de rapport, tous les groupes qui ont soumis les demandes ont été inscrits.
Une petite communauté de Baha’i pratiquait ouvertement et librement sa foi, bien qu’il n’ait pas été officiellement reconnu. Le Secrétariat Général des Affaires Religieuses a rapporté que la communauté baha’i n’a pas de siège social à l’intérieur du pays et n’a pas sollicité une reconnaissance officielle.
Il y a une tradition générale des écoles islamiques dans tout le pays. Les écoles islamiques sont particulièrement concentrées dans la région du Fouta-Djalon, laquelle fut gouvernée comme une théocratie islamique pendant le 18ème siècle.
Il y a peu de madrassas à travers le pays. Les écoles sont d’habitude associées à une Mosquée, et certaines sont financées par des fonds étrangers. Les madrassas ne sont officiellement pas liées au système scolaire public et ne sont pas reconnues par le gouvernement car, l’on y enseigne que la langue arabe et l’Islam. Le Ministère de l’Education essaie de transformer et faire intégrer les madrassas dans le système Franco-arabe financé par le gouvernement, qui offre l’enseignement religieux en plus d’un curriculum comparable aux écoles publiques.
Le gouvernement continue de rénover le Conseil Interreligieux, qui est composé des membres des Eglises anglicane, catholique et protestante et le Secrétariat Général des Affaires Religieuses. Le gouvernement a invité tous les groupes religieux à participer aux efforts d’éducation civique et il a inclus différents groupes religieux dans ses implorations nationales pour la paix.
Le gouvernement interdit la possession d’une station de radio et de télévision privée par les groupes religieux ou les partis politiques, mais les émissions religieuses et politiques sont permises sur les stations radiophoniques commerciales de propriété privée. Le gouvernement accorde 75 minutes par semaine aux programmes islamiques et chrétiens sur la station de la télévision nationale possédée par l’Etat.
Le gouvernement considère les Pâques, le Jour de l’Assomption, le Noël, le Tabaski, la Naissance du Prophète Mohammad et le Ramadan comme des jours fériés.
Restrictions sur la Liberté de Religion
Le gouvernement a respecté, en général, la liberté de religion dans la pratique. Il n’y avait aucun changement dans le statut du respect pour la liberté de religion par le gouvernement au cours de la période de ce rapport.
Quelques non-musulmans ont demandé que le gouvernement continue d’user de son influence pour privilégier les musulmans plus que des non-musulmans. Par exemple, les universités se ferment les vendredis afin que les étudiants musulmans puissent se rendre à la mosquée, mais elles programment les cours les samedis, empêchant les étudiants chrétiens d’aller à la messe. Le Secrétariat Général a facilité un pèlerinage à la Mecque pour la communauté musulmane, mais n’a offert aucun pareil service à la communauté chrétienne.
Le gouvernement s’est abstenu de nommer les non-musulmans à des positions administratives importantes dans certaines parties du pays par déférence pour la forte domination sociale de l’Islam dans ces régions. Cependant, les non-musulmans ont travaillé dans les cabinets, les forces armées et les autres sections de la bureaucratie administrative.
Il n’y avait aucun rapport sur les prisonniers ou les détenus religieux dans le pays.
Conversion Religieuse Forcée
Il n’y avait aucun rapport sur la conversion religieuse forcée, y compris les citoyens américains qui avaient été kidnappés ou illégalement renvoyés des Etats-Unis, ou du refus de permettre de tels citoyens à se retourner aux Etats-Unis.
Section III: Abus Sociaux et Discrimination
Il n’y avait aucun rapport d’abus sociaux ou de discrimination fondé sur l’affiliation religieuse, la croyance ou la pratique. Cependant, dans certaines parties du pays, la forte pression culturelle, sociale et économique déconseille la conversion à partir de l’Islam. Par exemple, la communauté de missionnaires a rapporté que la conversion d’un homme de l’Islam au Christianisme a amené les parents à reprendre leurs enfants et à rejeter la communauté.
Section IV: Politique du Gouvernement des Etats-Unis
Le Gouvernement des Etats-Unis discute de la liberté de religion avec le gouvernement et les leaders religieux comme faisant partie de sa politique générale pour promouvoir les Droits de l’Homme.
L’ambassade a parrainé un symposium intitulé "Femmes d’Action" où les participants ont débattu l’impact de l’Islam sur leurs libertés et ont fait des recommandations pour soutenir leur aptitude à pratiquer l’Islam et les autres croyances religieuses selon leur conscience personnelle.
L’ambassadeur et les autres responsables américains ont soulevé les préoccupations liées à la liberté de religion avec les hauts cadres au Secrétariat Général des Affaires Religieuses, les grands imans de Conakry, et de Labé, ainsi que les leaders religieux hors de la capitale.
