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Rapport sur la traite de personnes en 2007
Publié par le bureau pour suivre et combattre la traite de personnes
Départment d’État

12 juin 2007

Guinée (Niveau 2)

La Guinée est un pays d’origine, de transit et de destination des hommes, des femmes et des enfants victimes de la traite à des fins de travail forcé et d’exploitation sexuelle.  Les enfants guinéens font l’objet de la traite à l’intérieur du pays, principalement en provenance des  zones rurales pauvres de la Haute et Moyenne Guinée; les filles font l’objet de la traite à des fins de servitude domestique et d’exploitation sexuelle et les garçons pour le travail forcé comme vendeurs de rue, cireurs de chaussures, mendiants et comme main d’oeuvre forcée  dans les mines et l’agriculture. Les femmes et les filles guinéennes font l’objet de la traite en direction de l’étranger tels que la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Espagne et la Grèce pour la servitude domestique et l’exploitation sexuelle. Les filles font l’objet de la traite en direction de la Guinée à partir du Nigeria, du Ghana, du Mali, du Burkina Faso, du Libéria, du Sénégal et de la Guinée Bissau pour des fins d’exploitation sexuelle et la servitude domestique. Les hommes guinéens sont occasionnellement victimes de la traite à l’intérieur de la Guinée pour le travail agricole. Certaines en provenance de la République Populaire de Chine (RPC), les femmes et les filles sont l’objet de la traite vers la Guinée pour des fins d’exploitation sexuelle. Les réseaux organisés de traite de personnes à partir du Nigeria, de la Chine, de l’Inde et de la Grèce utilisent  la Guinée comme point de transit en faisant passer les femmes victimes à travers les pays du Magreb vers l’Europe, notamment l’Italie, l’Ukraine, la Suisse et la France.

Le gouvernement Guinéen ne satisfait pas entièrement aux normes minimales d’éradication de la traite des personnes; toutefois, il fait des progrès significatifs pour y parvenir, en dépit des moyens limités.  Pour renforcer sa capacité de réponse face au trafic, la Guinée devrait adopter une législation interdisant toutes formes de la traite de personnes, accroître les efforts d’enquête et de poursuite contre les trafiquants et sauver les victimes, en prenant comme centre d’intérêt les enfants assujettis  à l’exploitation sexuelle.

Poursuites Judiciaires
Le gouvernement Guinéen a fait des efforts minimaux pour combattre la traite à travers l’application de la loi, l’année dernière. La Guinée interdit toutes formes de traite de personnes par des actes séparés. La traite de la main-d’oeuvre est condamnée par l’article 337 du code de Procédure Pénale de 1998, qui prescrit des peines allant de 6 mois à 10 ans d’emprisonnement, des peines qui sont suffisamment sévères. La prostitution forcée et celle des enfants sont des crimes selon l’article 329 de son code pénal, qui prescrit des peines allant de 6 mois à 2 ans d’emprisonnement si la victime de la traite est adulte et de 2 à 5 ans d’emprisonnement si la victime est mineure. Ces peines pour la traite sexuelle des adultes ne sont pas suffisamment sévères et ne sont pas à la hauteur des pénalités prévues pour d’autres crimes graves tel que le viol.  Le gouvernement a arrêté et emprisonné un trafiquant présumé pour tentative de vente de sa fille. La police a mis aux arrêts deux individus pour la traite d’un mineur en direction du Libéria à des fins de servitude domestique, mais l’affaire n’a pu suivre son cours normal parce que la victime a rejeté les accusations et a demandé que les suspects soient élargis. La police enquête actuellement sur deux cas de trafic transfrontaliers.  Au cours de l’année écoulée, le Gouvernement a poursuivi l’élaboration d’une loi interdisant toutes les formes de traite de personnes ainsi qu’une loi séparée contre la traite des enfants dans le cadre d’un code légal pour enfants. Le gouvernement a manqué de mener des enquêtes sur des rapports selon lesquels de hauts responsables de l’Etat assuraient la protection de certains trafiquants. La Guinée a également manqué de réagir face à un rapport faisant état d’exploitation sexuelle des enfants à une échelle commerciale.

Protection :
Le Gouvernement guinéen a continué d’enregistrer des progrès dans la fourniture de soins aux victimes de la traite au cours de la période visée par ce rapport. Bien  que le Gouvernement ne gère ni ne finance des foyers d’accueil pour victimes, il a travaillé en liaison avec des ONG pour placer 22 enfants victimes de la traite dans des foyers d’accueil. Un gestionnaire de soins de l’Etat a suivi l’état de chaque enfant en vue de s’assurer que les services de soin et d’assistance légale ont été fournis. Le gouvernement a continué d’assurer un service téléphonique gratuit ouvert 24heures opéré par une ONG. Le Gouvernement exige que les victimes prennent part aux poursuites contre les trafiquants avant que le cas ne passe en jugement. La Guinée n’offre pas de solution de rechange à l’expulsion des victimes étrangères vers des pays où elles seraient exposées à des difficultés ou à des sanctions. Vu le manque de données sur la criminalité, l’on ne sait pas très bien si la Guinée de façon inappropriée incarcère, soumet à une amende  ou condamne les victimes pour les actes illégaux  commis par suite de leur soumission à la traite.

Prévention :
 Le Gouvernement guinéen a continué à fournir de grands efforts de sensibilisation sur la traite au cours de la période visée par ce rapport. Le Gouvernement a consenti des fonds pour certains coûts liés à une étude de l’OIT sur le nombre d’enfants impliqués dans les travaux domestiques, l’extraction des mines, la vente dans les rues, ou qui sont impliqués dans le trafic des stupéfiants et des armes. Le Comité National de Lutte contre la Traite a organisé un atelier en Juillet 2006 pour se rendre compte si le plan d’action national de la Guinée est en conformité avec les directives de la CEDEAO en matière de lutte contre la traite, et a conclu qu’il l’était effectivement. Le Gouvernement a intégré les questions liées à la traite dans le programme de l’enseignement élémentaire. Le Ministère de la Défense, à travers son propre bureau de protection de l’enfance, a élaboré un plan 2007 de lutte contre la traite des enfants. Le Gouvernement a continué à apporter sa contribution en personnel, en véhicules et d’autres ressources pour les déplacements dans le cadre d’une vaste campagne médiatique contre la traite qu’il a lancée conjointement avec l’UNICEF en 2005.

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